Institut Oxum
Claudine FRAPPA

Il y a des moments dans la vie où le désir semble s’évanouir. Une fatigue persistante, un quotidien chargé, des pensées qui tournent en boucle, un corps qu’on ne reconnaît plus… et soudain, l’envie n’est plus là. Ou en tout cas, pas comme avant.
Et tu sais quoi ? Tu n’es pas seule. Et surtout, tu n’as rien de cassé.
On a longtemps cru (ou fait croire) que le désir devait toujours être là, au bon moment, comme une pulsion magique prête à surgir. En réalité, le désir est vivant, il fluctue. Il peut être affecté par :
Le stress, l’anxiété
Une fatigue physique ou émotionnelle
Des changements hormonaux (cycle, post-partum, ménopause…)
Des blocages émotionnels ou un sentiment de déconnexion
Une relation qui manque de communication ou d’intimité émotionnelle
Et ce ne sont que quelques exemples. Le désir, c’est complexe. Et c’est normal.
Ensuite, et par extension, parce que l’orgasme féminin est encore trop mal connu, voire invisibilité. Des discours, portés par des voix d’autorités, ont été propagés au début du XXème siècle sans aucune preuve scientifique. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai écrit l’article : « la pénétration n’est pas le centre de la sexualité »
Le désir féminin n’est pas linéaire. Il peut être réactif plutôt que spontané.
Autrement dit : tu n’as pas forcément envie avant d’être en contact avec le plaisir.
Parfois, le corps a besoin d’être rassuré, détendu, stimulé émotionnellement pour que le désir s’éveille.
C’est ce qu’on appelle le désir contextuel :
Il naît quand les conditions sont réunies : confiance, sécurité, tendresse, disponibilité mentale.
Il disparaît quand la fatigue, le stress ou la culpabilité prennent le dessus.
Et ça ne fait pas de toi quelqu’un de “froid” ou “désintéressé”.
Ça fait de toi un être humain sensible, complexe, vivant.
Quand le désir se met en pause, ce n’est pas un bug.
C’est souvent un message.
Un signal que quelque chose, en toi, a besoin d’attention.
Ton corps ne “refuse” pas la sexualité : il essaie de te protéger.
De la fatigue, du trop-plein, de la déconnexion.
Il te dit peut-être : “Ralentis.”
Ou : “J’ai besoin de douceur.”
Ou encore : “Je ne veux plus faire semblant.”
Alors au lieu de chercher à rallumer le feu à tout prix, commence par écouter ce que ton corps murmure.
C’est souvent là que le désir recommence à respirer.
Et surtout : on ne se force pas! « L’appétit vient en mangeant. » c’est non! Par contre « L’appétit vient en cuisinant. ».
Perdre le désir, ce n’est pas perdre la capacité d’aimer ou de ressentir.
C’est une étape de transformation.
Une invitation à repenser la sexualité autrement :
Moins “performance”, plus “présence”.
Moins “je dois avoir envie”, plus “je m’autorise à sentir”.
Moins “plaire à l’autre”, plus “me rencontrer”.
Le désir ne disparaît pas. Il se déplace, parfois sous d’autres formes : envie de tendresse, d’art, de beauté, de calme.
Et tout cela, c’est aussi du désir.
Retrouver le désir, ce n’est pas cocher des cases, c’est réapprendre à t’écouter.
Voici quelques pistes :
Ralentir : le désir a besoin d’espace. Quand tout est planifié, il s’étouffe.
Redonner une place au corps : par le toucher, le mouvement, la respiration, le plaisir sans attente.
Nourrir ton imaginaire : lire, rêver, t’inspirer. Le désir aime la nouveauté, la surprise.
Parler : avec ton·ta partenaire, avec un·e professionnel·le. Les mots libèrent, ils reconnectent.
Cesser de te juger : le désir ne se commande pas, il se cultive.
Pour ralentir et se reconnecter aux sensations on peut essayer le slow sex ou le tantra. Pour en savoir plus sur le Slow sex vous pouvez lire l’article à ce sujet ici.
Et parfois, c’est un travail thérapeutique plus profond qui permet de comprendre pourquoi il s’est éteint :
un trauma, une peur d’être vulnérable, un rapport au corps marqué par la honte ou la douleur.
En séance, je t’aide à reconnecter ton corps, ton cœur et ton désir.
On travaille sur :
Tes ressentis corporels : savoir ce que ton corps aime, ce qu’il refuse.
Tes émotions : comprendre ce que le désir réveille ou bloque.
Tes croyances : toutes ces phrases qui limitent, parfois depuis l’enfance.
C’est un chemin vers plus de liberté, de sérénité et de confiance.
Une reconnexion à ta sensualité, à ton rythme, à ton énergie de vie.
Oui, c’est fréquent.
Non, tu n’es pas seule.
Et surtout, tu n’as rien de cassé.
Le désir n’est pas un feu qu’on rallume à la force des allumettes.
C’est une flamme qu’on protège, qu’on nourrit, qu’on écoute.
Et parfois, tout commence par un pas :
le courage d’en parler.