
Et si on arrêtait de rougir en prononçant le mot « masturbation »?
On en parle du bout des lèvres, en rigolant ou en baissant les yeux.
Et pourtant, la masturbation fait partie de la vie intime de la majorité des êtres humains.
C’est un geste universel, instinctif, souvent découvert très jeune, mais qui reste entouré de honte, de tabous et de fausses croyances.
Pour certains, c’est un “plaisir coupable”. Pour d’autres, un substitut à la sexualité à deux.
Et pourtant… la masturbation, c’est bien plus que ça.
C’est une rencontre avec soi-même, une façon d’explorer, d’écouter, de se reconnecter à son corps et à ses sensations.
C’est aussi un espace de liberté, où l’on peut redéfinir son rapport au plaisir, à l’intimité, et même à la confiance en soi.
Dans cet article, je vous propose de sortir des clichés pour comprendre ce qu’est vraiment la masturbation, pourquoi elle peut être un outil d’équilibre et d’épanouissement, et comment la (re)découvrir sans honte, sans pression, sans jugement.
Un voyage vers un plaisir plus conscient, plus doux, plus vivant.
On en rit, on la cache, on la juge, on l’associe encore trop souvent à la honte ou à la solitude…
Et pourtant, la masturbation est un geste simple, naturel, humain.
C’est une manière de se rencontrer soi-même, d’explorer son corps, de comprendre ce qu’on aime et d’apprendre à écouter ses envies, sans performance ni obligation.
Quand on la regarde sans tabou, la masturbation n’est plus un “remplaçant” du rapport à deux : c’est un espace de connaissance de soi.
Et se connaître, c’est la base pour désirer, communiquer et s’épanouir.
C’est tout ce qu’on fait, seul·e ou à deux, pour se donner du plaisir.
Cela peut passer par le toucher, mais aussi par le souffle, la visualisation, le mouvement, la musique, la rêverie érotique…
Autrement dit, ce n’est pas juste une “stimulation mécanique” : c’est une connexion à ses sens et à son imaginaire.
Et chacun·e la vit différemment : certains y trouvent détente, d’autres découverte, d’autres encore y voient un moment sacré ou méditatif.
Parce que pendant longtemps, la masturbation a été perçue comme “mauvaise”, elle reste entourée de mythes qui peuvent créer du malaise.
En voici quelques-uns (que j’entends souvent en consultation) :
“Si je me masturbe, c’est que je manque de désir pour l’autre.”
➜ Faux : au contraire, se connaître aide à mieux guider l’autre.
“C’est sale, ou malsain.”
➜ C’est un geste intime, naturel et même bon pour la santé : il détend, apaise et libère des endorphines.
“Les femmes qui se masturbent sont anormales.”
➜ Non, elles sont simplement connectées à leur plaisir (et c’est très sain).
“Les hommes qui se masturbent ont un problème de couple.”
➜ Absolument pas. Beaucoup le font même quand tout va bien.
“C’est réservé aux jeunes.”
➜ Le plaisir n’a pas d’âge. Il évolue, c’est tout.
Ces croyances viennent de la culture, de l’éducation, de la religion, parfois du porno.
Elles installent la honte, alors que la masturbation est une expression intime du vivant.
Parce que se connaître, c’est se libérer.
La masturbation, c’est :
apprendre à écouter son corps : ses réactions, ses limites, ses besoins ;
cultiver la sécurité intérieure : se rassurer sur sa normalité, sur sa capacité à ressentir ;
nourrir le désir : mieux on se connaît, plus on a envie d’explorer ;
soulager le stress et réguler les émotions : elle favorise la détente et la sécrétion d’ocytocine.
Et puis, soyons honnêtes : ça fait du bien. Et c’est une raison suffisante.
Beaucoup de couples culpabilisent de se masturber.
Pourtant, c’est souvent un atout !
Partager sur le sujet, en parler, peut rapprocher.
Certain·e·s pratiquent la masturbation mutuelle, ou simplement se racontent leurs envies, leurs fantasmes.
Cela nourrit la confiance et la complicité.
Astuce de thérapeute : parler de ce qu’on fait seul·e permet d’ouvrir la conversation sur ce qu’on aimerait vivre à deux.
Comme tout comportement, elle peut être déséquilibrée.
Pas parce qu’on la pratique “trop”, mais quand elle devient un moyen d’éviter : éviter les émotions, le lien, la solitude, le stress…
Ou quand elle est associée à la honte, à la culpabilité. Ou encore quand elle a un impact négatif sur notre couple, sur nos relations aux autres, sur notre travail etc…
Dans ces cas-là, le travail thérapeutique aide à redonner du sens : comprendre ce qu’on cherche à combler, retrouver du plaisir conscient plutôt que du soulagement rapide.
La masturbation peut devenir une pratique sensorielle et consciente.
Quelques pistes simples :
Créer un cadre : un moment pour soi, sans objectif d’orgasme. Juste être présent·e.
Explorer le corps autrement : toucher, respirer, écouter. Découvrir les zones oubliées, la peau, les mouvements.
Observer les sensations : chaleur, picotements, détente, pensées…
Explorer les fantasmes : ceux qui vous excitent, ceux que vous n’avez jamais osé imaginer.
Fermer les écrans : le porno formate les images du plaisir. Retrouver sa propre imagination, c’est retrouver son pouvoir.
La masturbation n’a pas besoin d’être “utile” ou “productive”.
Elle peut juste être un moment de douceur, de curiosité, d’amour de soi.
Dans une approche holistique, la masturbation n’est pas un acte isolé : c’est une part du grand puzzle du désir.
Elle relie le corps, les émotions, le mental et la relation à soi.
Elle aide à comprendre comment on aime, ce qui nous fait du bien, et ce qui nous freine.
Et plus on apprend à écouter ce langage intime, plus il devient simple de le partager à deux.
La masturbation n’est pas une honte, c’est une ressource.
Elle peut être un espace de soin, de détente, de redécouverte.
Elle n’oppose pas la vie de couple et la vie intime, elle les enrichit.
Et surtout, elle vous appartient : à votre rythme, selon vos envies, sans pression.
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