Quand le corps se ferme

En sexothérapie, beaucoup de personnes arrivent avec une même phrase, formulée de mille façons différentes :
« Mon corps ne suit plus. »

Ce n’est pas toujours une douleur franche, ni un diagnostic précis.
Parfois, c’est une absence de réponse, un évitement, une fatigue sexuelle, une appréhension diffuse.
Quelque chose se ferme, sans prévenir, là où, avant, ça circulait.

Très vite, le symptôme prend toute la place.
Et avec lui, une inquiétude profonde : « Est-ce que c’est dans ma tête ? Est-ce que je suis cassé·e ? »

Quand le symptôme devient envahissant

Il peut transformer :

  • le rapport au corps
  • l’estime de soi
  • la relation à l’autre
  • le sentiment de normalité

 

Les personnes concernées décrivent souvent :

  • une anticipation anxieuse avant les rapports
  • une hypervigilance corporelle
  • une peur de « ne pas y arriver »
  • un évitement progressif de l’intimité

 

Dans le couple, cela peut créer des malentendus, des silences, parfois une culpabilité mutuelle.
En individuel, cela peut installer un isolement intérieur très fort.

Et pourtant, malgré l’intensité de ce vécu, beaucoup hésitent longtemps avant de consulter.
Parce que la sexualité reste un territoire où l’on pense devoir se débrouiller seul·e.

Vous ressentez peut-être…

Une douleur qui revient sans explication médicale claire.
Un vaginisme qui persiste malgré les efforts.
Une érection instable, absente, imprévisible.
Une éjaculation précoce vécue comme incontrôlable.
Une perte de désir qui ne se résume pas à la fatigue.

Ou simplement ce sentiment diffus que le corps ne coopère plus.

Ces expériences ont en commun une chose essentielle : elles ne sont jamais uniquement mécaniques.

Même lorsqu’un facteur médical existe, le vécu psychique et corporel reste central.
Le symptôme n’est pas que un dysfonctionnement : il est aussi une réponse.

Le corps ne se bloque pas par hasard

En sexothérapie, on ne cherche pas à faire disparaître le symptôme à tout prix.
On cherche d’abord à le comprendre.

Le corps se ferme souvent quand :

  • la sexualité devient un lieu de pression ou de performance
  • le plaisir est attendu plutôt que ressenti
  • une peur s’est installée (peur de la douleur, de l’échec, du regard de l’autre)
  • l’histoire corporelle ou relationnelle a laissé des traces
  • le corps a appris à se protéger

Ce mécanisme est rarement conscient.
Il s’installe progressivement, parfois après un événement précis, parfois de façon plus insidieuse.

Forcer le corps à répondre, par des techniques, des injonctions, ou une volonté excessive, peut alors renforcer le blocage.
Non pas parce que la personne « fait mal », mais parce que le corps comprend qu’il doit se défendre davantage.

Ce que la sexothérapie permet réellement

Contrairement à certaines idées reçues, la sexothérapie ne consiste pas à :

  • donner des recettes toutes faites
  • normaliser les pratiques
  • pousser à la sexualité coûte que coûte

 

Le travail thérapeutique vise à :

  • restaurer un sentiment de sécurité corporelle
  • comprendre le sens du symptôme
  • sortir de la lutte avec le corps
  • redonner une place au ressenti

 

En consultation individuelle, la parole peut se déposer sans urgence de résultat.
Le rythme est respecté.
Le symptôme est abordé comme un point d’entrée, pas comme une faute à corriger.

Selon les situations, le travail peut s’appuyer sur :

  • l’exploration du vécu corporel
  • l’histoire sexuelle et relationnelle
  • la place du désir, du plaisir, de la peur
  • des propositions thérapeutiques adaptées, toujours contextualisées

Quelques repères essentiels à retenir

Avant même d’entamer un travail thérapeutique, certains repères peuvent déjà changer le regard :

  • Un symptôme sexuel n’est pas un échec personnel
  • Le corps ne se ferme pas contre vous, mais pour vous
  • La sécurité précède toujours le plaisir
  • La compréhension apaise souvent là où la volonté échoue

 

Ces repères ne font pas disparaître le symptôme à eux seuls, mais ils permettent de sortir de la culpabilité — condition essentielle du changement.

Imaginez…

Ne plus vous demander si votre difficulté est « assez grave » pour consulter.
Pouvoir parler de sexualité sans avoir à vous justifier.
Comprendre votre corps plutôt que le combattre.
Retrouver une relation plus apaisée à votre intimité, même progressivement.

Un blocage sexuel n’est pas une impasse.
C’est souvent un signal que quelque chose mérite d’être entendu.

Quelques petites astuces pour commencer

Avant même de consulter, ou en parallèle d’un accompagnement, certaines attitudes peuvent commencer à modifier la relation au symptôme.

1. Arrêter de mesurer la sexualité à ce qu’elle “devrait être”
Comparer son vécu à des normes (durée, fréquence, performance, réactions corporelles) entretient souvent la pression.
La sexualité réelle est fluctuante, contextuelle, sensible.
Observer ce qui est là, sans chercher à l’évaluer, est souvent un premier apaisement.

2. Redonner une place au corps en dehors de la performance
Lorsque le corps est uniquement sollicité pour “réussir” un rapport, il peut se fermer.
Explorer le toucher, les sensations, la proximité, sans objectif sexuel, permet parfois de réinstaller de la sécurité corporelle. Peut-être essayer le slow sex?

3. Identifier ce qui précède le symptôme
Plutôt que de se concentrer uniquement sur ce qui ne fonctionne pas, il peut être utile de se demander :

  • Que se passe-t-il juste avant ?

  • Dans quel état émotionnel êtes-vous ?

  • Y a-t-il une anticipation, une tension, une peur identifiable ?

Ce repérage n’est pas une analyse intellectuelle, mais une écoute fine du vécu.

4. Ne pas rester seul·e face à l’inconfort
L’isolement renforce souvent le symptôme.
Pouvoir mettre des mots, même imparfaits, sur ce qui se vit permet de desserrer la pression et de sortir du sentiment d’anormalité.

Ces ajustements ne visent pas à “faire disparaître” le symptôme, mais à modifier le rapport que vous entretenez avec lui, ce qui est souvent la première étape du changement.

Une clé pour la sexualité consciente

Les consultations se font :

  • au cabinet de Chartrettes
  • ou en visio, partout en France

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic précis.
Un inconfort, une gêne ou un questionnement suffisent pour commencer.

Pour conclure

Les difficultés sexuelles ne sont ni anodines, ni honteuses.
Elles parlent souvent d’un équilibre fragilisé entre le corps, les émotions, l’histoire personnelle et le contexte de vie.
Qu’il s’agisse de douleurs, de troubles du désir, de l’érection, de l’éjaculation ou d’un malaise plus diffus, ces vécus méritent d’être entendus et compris, pas contournés.

Consulter en sexothérapie ne consiste pas à “réparer” un corps défaillant, mais à redonner du sens à ce qui se manifeste, à apaiser la relation à soi et à la sexualité, et à retrouver une forme de liberté intérieure.
Il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses pour commencer : le simple fait de se poser des questions est déjà une démarche thérapeutique.

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