
En sexothérapie, beaucoup de personnes arrivent avec une même phrase, formulée de mille façons différentes :
« Mon corps ne suit plus. »
Ce n’est pas toujours une douleur franche, ni un diagnostic précis.
Parfois, c’est une absence de réponse, un évitement, une fatigue sexuelle, une appréhension diffuse.
Quelque chose se ferme, sans prévenir, là où, avant, ça circulait.
Très vite, le symptôme prend toute la place.
Et avec lui, une inquiétude profonde : « Est-ce que c’est dans ma tête ? Est-ce que je suis cassé·e ? »
Il peut transformer :
Les personnes concernées décrivent souvent :
Dans le couple, cela peut créer des malentendus, des silences, parfois une culpabilité mutuelle.
En individuel, cela peut installer un isolement intérieur très fort.
Et pourtant, malgré l’intensité de ce vécu, beaucoup hésitent longtemps avant de consulter.
Parce que la sexualité reste un territoire où l’on pense devoir se débrouiller seul·e.
Une douleur qui revient sans explication médicale claire.
Un vaginisme qui persiste malgré les efforts.
Une érection instable, absente, imprévisible.
Une éjaculation précoce vécue comme incontrôlable.
Une perte de désir qui ne se résume pas à la fatigue.
Ou simplement ce sentiment diffus que le corps ne coopère plus.
Ces expériences ont en commun une chose essentielle : elles ne sont jamais uniquement mécaniques.
Même lorsqu’un facteur médical existe, le vécu psychique et corporel reste central.
Le symptôme n’est pas que un dysfonctionnement : il est aussi une réponse.
En sexothérapie, on ne cherche pas à faire disparaître le symptôme à tout prix.
On cherche d’abord à le comprendre.
Le corps se ferme souvent quand :
Ce mécanisme est rarement conscient.
Il s’installe progressivement, parfois après un événement précis, parfois de façon plus insidieuse.
Forcer le corps à répondre, par des techniques, des injonctions, ou une volonté excessive, peut alors renforcer le blocage.
Non pas parce que la personne « fait mal », mais parce que le corps comprend qu’il doit se défendre davantage.
Contrairement à certaines idées reçues, la sexothérapie ne consiste pas à :
Le travail thérapeutique vise à :
En consultation individuelle, la parole peut se déposer sans urgence de résultat.
Le rythme est respecté.
Le symptôme est abordé comme un point d’entrée, pas comme une faute à corriger.
Selon les situations, le travail peut s’appuyer sur :
Avant même d’entamer un travail thérapeutique, certains repères peuvent déjà changer le regard :
Ces repères ne font pas disparaître le symptôme à eux seuls, mais ils permettent de sortir de la culpabilité — condition essentielle du changement.
Ne plus vous demander si votre difficulté est « assez grave » pour consulter.
Pouvoir parler de sexualité sans avoir à vous justifier.
Comprendre votre corps plutôt que le combattre.
Retrouver une relation plus apaisée à votre intimité, même progressivement.
Un blocage sexuel n’est pas une impasse.
C’est souvent un signal que quelque chose mérite d’être entendu.
Avant même de consulter, ou en parallèle d’un accompagnement, certaines attitudes peuvent commencer à modifier la relation au symptôme.
1. Arrêter de mesurer la sexualité à ce qu’elle “devrait être”
Comparer son vécu à des normes (durée, fréquence, performance, réactions corporelles) entretient souvent la pression.
La sexualité réelle est fluctuante, contextuelle, sensible.
Observer ce qui est là, sans chercher à l’évaluer, est souvent un premier apaisement.
2. Redonner une place au corps en dehors de la performance
Lorsque le corps est uniquement sollicité pour “réussir” un rapport, il peut se fermer.
Explorer le toucher, les sensations, la proximité, sans objectif sexuel, permet parfois de réinstaller de la sécurité corporelle. Peut-être essayer le slow sex?
3. Identifier ce qui précède le symptôme
Plutôt que de se concentrer uniquement sur ce qui ne fonctionne pas, il peut être utile de se demander :
Que se passe-t-il juste avant ?
Dans quel état émotionnel êtes-vous ?
Y a-t-il une anticipation, une tension, une peur identifiable ?
Ce repérage n’est pas une analyse intellectuelle, mais une écoute fine du vécu.
4. Ne pas rester seul·e face à l’inconfort
L’isolement renforce souvent le symptôme.
Pouvoir mettre des mots, même imparfaits, sur ce qui se vit permet de desserrer la pression et de sortir du sentiment d’anormalité.
Ces ajustements ne visent pas à “faire disparaître” le symptôme, mais à modifier le rapport que vous entretenez avec lui, ce qui est souvent la première étape du changement.
Les consultations se font :
Il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic précis.
Un inconfort, une gêne ou un questionnement suffisent pour commencer.
Les difficultés sexuelles ne sont ni anodines, ni honteuses.
Elles parlent souvent d’un équilibre fragilisé entre le corps, les émotions, l’histoire personnelle et le contexte de vie.
Qu’il s’agisse de douleurs, de troubles du désir, de l’érection, de l’éjaculation ou d’un malaise plus diffus, ces vécus méritent d’être entendus et compris, pas contournés.
Consulter en sexothérapie ne consiste pas à “réparer” un corps défaillant, mais à redonner du sens à ce qui se manifeste, à apaiser la relation à soi et à la sexualité, et à retrouver une forme de liberté intérieure.
Il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses pour commencer : le simple fait de se poser des questions est déjà une démarche thérapeutique.
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